Cela fait plus de vingt jours que le Saint Père nous a rendu visite. Quatre jours d’une incroyable intensité, baignés d’une lumière rare, nous rappelant sans doute celle qui enveloppa le Christ et ses disciples sur le mont Thabor. Comme Pierre, Jacques et Jean, nous laissons les paroles du Saint Père infuser en nous. Elles ont renouvelé notre espérance et nous laissent une feuille de route pour la mission.
Un premier mot résonne : coopération. Invitée par la Mission permanente du Saint-Siège auprès de l’Unesco et par le Centre Catholique International de Coopération auprès de l’Unesco, Fidesco a eu la joie d’entendre les paroles que le Saint Père a adressées aux représentants de la société civile, aux responsables religieux et aux délégués des États engagés au sein de cette organisation internationale.
« Construire ensemble un monde juste est, en effet, le fondement même de la coopération internationale », a précisé le Saint Père. « Nos expériences, nos aptitudes et nos compétences visent à édifier un espace accueillant pour tous et fécond pour chacun, afin que tous les peuples puissent grandir dans la paix. » [1]
C’est par ces mots que le pape Léon XIV inaugurait son intervention à l’Unesco, appelant à encourager des lieux de dialogue capables de servir le bien commun. Une invitation à reconnaître dans chaque culture une contribution unique, une richesse à partager. Comme il le rappelait, « la communion ne supprime en rien la diversité. Au contraire, elle permet à la diversité de s’épanouir dans l’harmonie des voix et des visages. Car, dans la proclamation de la paix, la richesse des cultures devient porteuse d’une vérité universelle (…). Chaque culture réalise sa sagesse la plus élevée lorsqu’elle recherche la paix et le bien de tous, témoignant ainsi du sens authentique de notre humanité. » [2]
Entendre cet appel conforte la démarche partenariale qui fonde l’action de Fidesco. Une construction exigeante, fragile à certains égards mais primordiale pour bâtir des ponts là où la violence et l’indifférence semblent omniprésentes.
Cet encouragement à s’engager pour la paix, Léon XIV l’a également adressé à la jeunesse. Au soir du vendredi 25 septembre dans un stade comble, le Pape leur a exprimé sa gratitude : « Tout d’abord, je vous remercie vivement pour votre engagement. C’est pour moi une grande joie de vous voir si nombreux, animés de la volonté de vous mettre au service de la paix qui nous fait grandir en tant qu’hommes et femmes, en transformant les peurs en espérance, et les plaintes en engagement responsable ». [3]
Quelle joie pour Fidesco d’accueillir tant de jeunes qui font le pas de cet engagement !
Quelle joie d’être témoins, encore aujourd’hui, d’une jeunesse qui ose, qui rêve grand et part à la rencontre d’autres cultures pour se mettre au service des plus pauvres : ces femmes, ces hommes et ces enfants trop souvent mis à l’écart de notre société, que le pape Léon XIV n’a eu de cesse de bénir, d’embrasser et d’encourager pendant son passage en France.
Ainsi, lors de sa visite à la maison Bakhita, il insistait avec force : « Frères et sœurs, l’intuition la plus importante qui inspire votre engagement concerne l’échange de dons qui se renouvelle à chaque rencontre. Personne n’est si pauvre qu’il n’ait rien à donner ; personne n’est si riche qu’il n’ait rien à recevoir ». [4] Ô combien ces mots résonnent dans le cœur de tout volontaire Fidesco ! Envoyés aux côtés des personnes vulnérables, ils attestent que chacun a quelque chose à offrir à ce monde, indépendamment de sa fragilité ou de son dénuement matériel. Et c’est au cœur de cette rencontre fraternelle que nous retrouvons le chemin de notre propre humanité.
La veille, lors de la veillée des jeunes au Stade de France, le Saint Père soulignait déjà cette réalité : « lorsque nous nous consacrons à la protection des plus petits et des plus faibles, nous reconnaissons notre propre faiblesse dans laquelle nous nous retrouvons tous. Cette fragilité propre à la vie humaine ne nous effraie pas, mais nous unit en tant que créatures qui se découvrent frères et sœurs dans le Christ. » [5]
La fraternité est à la fois le fruit et le chemin de la mission : une alliance délicate qui fait advenir la justice. De fait, reconnaître notre humanité commune en temps de conflits redevient essentiel et c’est sans doute sur ce dernier point que le Saint Père a souhaité insister en s’inscrivant dans les pas de son prédécesseur. Dans son encyclique Fratelli Tutti, le Pape François nous invitait déjà à nous reconnaître comme une seule et même humanité : « comme des voyageurs partageant la même chair humaine, comme des enfants de cette même terre qui nous abrite tous, chacun avec la richesse de sa foi ou de ses convictions, chacun avec sa propre voix, tous frères ». [6] Une fraternité en actes qui, pour nous chrétiens, renvoie à la source de la vie, le Christ, premier serviteur, Celui qui nous abreuve pour que nous soyons à notre tour des sources d’eau vive.
Samedi 26 septembre, place de la Concorde, c’est à cette eau que nous avons souhaité puiser auprès du Saint Père. 800 000 personnes rassemblées comme une seule famille aux visages multiples. Dans cette « belle ville » de Paris comme il l’a délicatement nommée, Léon XIV a renouvelé son appel à la mission pour tous les baptisés : « Abreuvez-vous, à cette source qu’est le Cœur de Jésus transpercé. Oui, vous avez soif de Dieu, de vie, de vérité, d’unité, de paix, de communion, de bonheur. (…) Ne gardez pas cette foi en Jésus-Christ pour vous-mêmes, mais laissez-la déborder pour abreuver et combler les personnes que vous rencontrez. Il vous revient d’apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle ». [7]
Un appel à prendre soin de notre monde, à s’y engager malgré nos limites, à l’habiter de toute notre personne. Un monde auquel le Saint Père s’est adressé avec clarté, ne craignant pas de montrer que la force et la douceur ne sont pas antinomiques.
Fin septembre, nous étions nombreux sur le mont Thabor, à Paris, à Saint-Denis, à Lourdes, à Metz ou encore, de retour à Rome, au balcon du palais apostolique, place Saint Pierre. Le Seigneur nous a donné de nous reposer, ensemble. Mais ce même Berger qui nous a réunis nous attendait aussi au retour, dans notre quotidien, pour nous rappeler que l’unité et la paix ne sont pas des utopies simplistes.
« Les chrétiens ne fuient pas la complexité » nous rappelait le Saint Père, « car Dieu lui-même les a appelés à suivre son Fils dans un monde déjà habité, déjà en mouvement, déjà marqué par les misères et la bonté des êtres humains. Le chemin de la Croix révèle, certes, les ténèbres qui traversent le monde, mais plus radicalement encore l’amour de Dieu qui triomphe de la mort. » [8]
Puissions-nous devenir des artisans de cet amour, pour que notre monde ait la vie !
L’équipe Fidesco à la messe du pape Léon 14 à Paris
[1, 2] Discours du Pape Léon XIV lors de sa visite à l’Unesco, Paris, 25 septembre 2026
[3] Discours du Pape Léon XIV lors de la veillée des Jeunes au Stade de France, Saint-Denis, 25 septembre 2026
[4] Discours du Pape Léon XIV lors de sa visite à la Maison Bakhita, Saint-Denis, 26 septembre 2026
[5] Discours du Pape Léon XIV lors de la veillée des Jeunes au Stade de France, Saint-Denis, 25 septembre 2026
[6] Lettre Encyclique Fratelli Tutti, n°8, Pape François, Octobre 2020
[7] Homélie du Pape Léon XIV prononcée lors de la Messe Place de la Concorde, Paris, 26 septembre 2026
[8] Homélie du Pape Léon XIV prononcée lors des Vêpres en la Cathédrale Notre Dame, Paris, 25 septembre 2026
