Le suivi des volontaires en mission
L’action de Fidesco sur le terrain s’appuie sur une collaboration étroite avec nos partenaires d’Église. Ce lien se structure autour d’un binôme essentiel : le coordinateur de suivi et les responsables pays (RP), en relation avec le partenaire local.
L’action de Fidesco sur le terrain s’appuie sur une collaboration étroite avec nos partenaires d’Église. Ce lien se structure autour d’un binôme essentiel : le coordinateur de suivi et les responsables pays (RP), en relation avec le partenaire local.
A l’écoute des besoins du terrain
L’ensemble des décisions concernant les missions – ouverture ou fermeture de partenariats, affectation des volontaires ou suivi des problématiques sur place – est porté conjointement par le coordinateur de suivi et les responsables pays (RP), qui se rendent chaque année sur le terrain pour visiter les volontaires et le partenaire.
Le coordinateur de suivi garantit la cohérence du cadre du volontariat, tandis que les responsables pays apportent une connaissance fine et actualisée des réalités locales. Il s’agit d’un vrai travail d’équipe qui s’appuie sur des regards croisés, méthode chère à Fidesco.
Les formations dispensées conjointement aux responsables pays et à l’équipe au siège, permettent de relire nos pratiques et de renforcer, chaque année, la qualité du suivi des volontaires.
Qui sont les responsables pays ?
Les responsables pays jouent un rôle clé pour maintenir un dialogue vivant avec le terrain. Ils veillent à ce que les missions s’inscrivent dans une véritable dynamique de coopération fraternelle, au service d’un développement intégral partagé, et non dans une logique de prestation de services.
Anciens volontaires pour la plupart, ou passionnés de développement avec une expérience de l’international, les responsables pays s’engagent bénévolement pour une mission de cinq ans, renouvelable une fois.
Coordinateur de suivi, RP et partenaire : regards croisés
Pouvez-vous nous rappeler l’importance d’une visite terrain, en particulier lorsqu’elle vous réunit tous ?
Constance (coordinatrice de suivi) : La visite terrain est l’occasion de mieux saisir les besoins du partenaire et d’avoir un temps dédié, gratuit aussi, avec les volontaires. Elle permet de faire un point d’étape dans la mission avec eux et de réfléchir à des axes d’amélioration lorsque c’est nécessaire. C’est aussi l’occasion de demander au partenaire ses attentes pour l’année à venir. Poser ces questions de vive-voix est toujours plus efficace et contribue à créer des liens fraternels. Réaliser une visite terrain avec les responsables pays est d’une grande richesse car ces derniers connaissent tous les acteurs de la mission Fidesco, aussi bien les partenaires que les volontaires. Ils nous permettent de mieux comprendre le pays, d’éviter les impairs et de mieux saisir certaines subtilités liées à la culture locale. Lorsque je réalise une visite terrain avec les RP, nos échanges sont beaucoup plus simples et fluides par la suite car une relation de confiance se crée. La rencontre en présentiel facilite les choses et puis c’est une joie de les retrouver car, même si nous échangeons régulièrement par écrit ou au téléphone, nous avons peu l’occasion de nous voir.
Edouard et Alix (responsables pays) : Dans certains pays, comme la Thaïlande, une place particulière est attribuée à la hiérarchie ; il est donc important pour les partenaires locaux de voir que les volontaires ne viennent pas de nulle part, qu’ils dépendent d’une association. Ainsi, une visite terrain conjointe leur permet de rencontrer ces responsables du siège. Puis pour nous, c’est une joie de voir évoluer la mission d’une année sur l’autre.
Quelle complémentarité percevez-vous dans votre binôme coordinateur de suivi / Responsables pays ?
Constance : Le fait que les RP soient dédiés à un pays leur permet de mieux saisir les enjeux, de mieux viser les besoins, tant des structures d’accueil que ceux des volontaires.
Alix : Nos rôles sont complémentaires : il y a l’expérience du partenaire, du pays, et celle du back-office de Fidesco que nous apporte Constance. Discuter avec elle nous permet d’être plus clairs, plus précis dans la transmission de la réalité que vivent les volontaires et les partenaires. Lorsque le suivi des volontaires se complexifie, lorsque nous sommes marqués par l’émotion, les échanges avec le coordinateur de suivi nous permettent de prendre du recul. Pour ce qui est de la conception d’une nouvelle mission, ce binôme est essentiel : Constance comprend de quoi nous parlons. Lorsqu’on échange avec elle, c’est comme si nous construisions une maison ; nos questionnements mutuels nous permettent de la dessiner ensemble. Et puis, c’est humainement très riche. En termes de différence d’âge, par exemple, travailler avec quelqu’un de plus jeune nous oblige à sortir de notre position de sachants. Les contributions de Constance nous aident à mieux comprendre les volontaires qui se rapprochent de sa génération. Cette complémentarité intergénérationnelle nous déplace, et se laisser déplacer est nécessaire pour vivre, témoigner et participer de la mission.
Edouard : Cet accompagnement commun se fait assez naturellement, dans le respect du périmètre des responsabilités de chacun. Même s’il y a des défis propres à la collaboration entre bénévoles et salariés, personnellement, cela nous encourage à être plus exigeants, à nous délester de certaines activités de notre quotidien qui ne sont pas primordiales, pour nous donner pleinement, le temps que nous serons investis de cet engagement.
Sister Piyachat, en tant que partenaire locale, quel est votre regard sur les visites terrain de Fidesco ?
Sister Piyachat : Les visites annuelles d’Alix et d’Edouard sont très importantes pour nous, car elles renforcent notre sentiment d’unité et de communion dans la mission. Leur présence nous offre l’occasion non seulement de partager des nouvelles de notre travail, mais aussi d’exprimer les réalités plus profondes, les défis et les espérances des femmes que nous accompagnons. Ils nous encouragent, nous écoutent et nous ouvrent à des perspectives plus larges. Leurs visites nous aident à réfléchir, à évaluer notre travail plus clairement et à rester unis à l’esprit missionnaire et universel que porte Fidesco.
Ce que j’apprécie le plus chez Edouard et Alix, c’est l’esprit de confiance, de respect, de simplicité et d’attention sincères dont ils font preuve. Notre relation va au-delà de la coordination ; c’est véritablement un partenariat. Il y a une communication ouverte, un respect du contexte local et un désir partagé de servir avec compassion et dignité. La visite de Constance à leurs côtés a été un moment très important pour nous. Elle a approfondi notre compréhension de la manière dont Fidesco accompagne et suit les volontaires dans différents pays. Cette visite a permis de clarifier de nombreux aspects du fonctionnement de Fidesco, notamment l’importance accordée à l’écoute des volontaires dans leurs contextes et expériences réels, et le lien essentiel entre le terrain et l’équipe de coordination. Elle a également renforcé notre confiance dans la continuité et la pérennité de notre collaboration. En effet, au fil des années, les volontaires ont contribué de manière fidèle et très concrète à la mission du Bon Pasteur par le soutien aux activités, l’accompagnement des femmes vulnérables ainsi que l’apport de nouvelles idées. Mais au-delà de tout cela, leur contribution la plus importante demeure leur présence, empreinte de compassion, de respect et de solidarité. Ceci est essentiel pour les femmes que nous accompagnons : elles se sentent valorisées, reconnues et non oubliées.