500 baptêmes en 2h15 !

Par Cyprien

Cyprien en mission à Manille aux Philippines

MANILLE - PHILIPPINES

Une foule venue pour eux

Cʼest dans une ambiance digne des grandes missions du XVIᵉ siècle, comme celles de saint François-Xavier aux Indes, que jʼai eu la joie de servir la messe et de vivre une journée unique : plus de 500 baptêmes, allant de bébés de quelques mois à des personnes âgées de 75 ans. La fondation préparait cet événement depuis longtemps. Tout était organisé avec une précision impressionnante : quinze prêtres, une dizaine de points de baptême répartis dans la cathédrale, un grand nombre de confirmants, et la présence de lʼévêque de Malolos Bulacan. La procession dʼentrée avance lentement. Je regarde autour de moi. La cathédrale est remplie dʼhabitants les plus pauvres des bidonvilles. Ils ont sorti leurs plus beaux vêtements blancs. Leurs visages sont marqués, creusés par une vie rude, une vie de survie. Et pourtant, ce matin-là, ils sont là, debout, présents, dignes, joyeux. Ils sont venus pour Dieu. Je nʼai jamais vu autant de nourrissons dans une église, c’est extraordinaire !

Cyprien en mission à Manille aux Philippines

Quand l'Eglise vient à eux

La liturgie est belle. À leur habitude, les servants de TNK sortent leurs soutanelles et leurs surplis — trop grands pour certains, trop petits pour dʼautres. Je suis touché par la beauté faite de simplicité. Tout est soigné, mais sans luxe. Au milieu de la messe, commence la grande procession des baptêmes. La cathédrale se transforme. Plus dʼune dizaine de points de baptême se mettent en place. Chaque prêtre tient une carafe remplie dʼeau bénite, pendant quʼun servant tient en dessous une bassine toute simple, dans ses mains. Pas de décor grandiose. Seulement lʼeau, quelques mots et surtout : la foi. Dieu se donne pleinement dans cette grande simplicité. Je suis profondément ému et saisi par une joie profonde : voir tous ces pauvres recevoir les sacrements. Eux qui, habituellement, ne sortent presque jamais du bidonville — ni pour aller à la messe, ni pour autre chose. Alors il faut que lʼÉglise vienne à eux. « Il nous faut amener Jésus aux gens », répète sans cesse le Père Matthieu. Nous le voyons dans lʼÉvangile, Jésus va chez les gens. Il entre chez eux. Il mange avec eux. Cela mʼinterpelle. Je prends conscience quʼen France, nous nous préoccupons peut-être trop peu de lʼâme de nos frères et soeurs les pauvres. Et pourtant, lʼenjeu est grand : la vie éternelle. Mère Teresa, insistait : « La plus grande pauvreté, cʼest de ne pas connaître Dieu. »

Cyprien en mission à Manille aux Philippines

Podcast

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