« J’ai besoin de personnes qui aient de vraies compétences, mais aussi qui donnent un témoignage de foi : par leur vie, par leur générosité, par leur amitié. J’attends des gens qui se feront les amis, les frères de tous ces pauvres que nous accueillons : des gens qui les aimeront, qui donneront le témoignage d’une vie vraiment cohérente. » Père Émeric Amyot d’Inville, directeur du Foyer Tanjomoha et partenaire de Fidesco à Madagascar.
Est-il nécessaire d’avoir la foi pour se lever et aller à la rencontre des plus démunis, les aimer et les servir ? Il suffit de regarder autour de soi pour constater que non : partout dans le monde, des hommes et des femmes de bonne volonté se laissent toucher par la détresse des pauvres, et s’engagent auprès d’eux avec coeur et compétence. D’innombrables projets voient le jour, qui répondent avec audace et efficacité aux besoins des plus vulnérables. À travers une immense diversité de structures et d’associations – de la Croix-Rouge au Secours Populaire, en passant par les Restos du Coeur – c’est une foule d’hommes et de femmes qui œuvrent avec courage et générosité au service de leurs frères. Quelles que soient leurs convictions et leurs motivations, ces personnes sont animées par un véritable amour de l’humanité et par l’idéal d’un monde plus fraternel. Comment ne pas s’émerveiller devant tant d’initiatives, tant d’engagements concrets, source d’espérance pour notre monde ? La foi n’est donc pas une condition nécessaire pour entrer dans une démarche de compassion et de service du développement. L’engagement au service des pauvres dépasse les frontières des religions : l’aspiration au bien, à la justice, au don de soi est présente en tout homme. Et pourtant, force est de constater que lorsqu’il est vécu dans une démarche de foi, ce service prend une dimension et une profondeur nouvelles pour celui qui l’accomplit. Son action n’est pas seulement soutenue par la foi : elle en est véritablement transformée. La foi devient donc la source de l’engagement et du don. Elle transforme le regard sur le monde et sur l’homme. Elle suscite l’espérance qui fortifie et soutient l’action. La foi chrétienne n’est pas d’abord l’adhésion à une doctrine, à un ensemble de valeurs ou d’idées. Elle est une relation personnelle de confiance et d’amour avec Dieu. La foi ouvre l’intelligence et le coeur à l’amour infini, gratuit, inconditionnel de Dieu : un amour pleinement manifesté en Jésus qui s’est fait homme, et qui est allé jusqu’à donner sa vie pour nous sur la Croix. En Jésus, Dieu nous a ainsi montré le chemin du don ultime de soi : « Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même », disait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions. Pour le croyant, aimer le Christ, c’est le suivre sur ce chemin d’humilité, de service et de don total. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples », nous dit Est-il nécessaire d’avoir la foi pour se lever et aller à la rencontre des plus démunis, les aimer et les servir ? Il suffit de regarder autour de soi pour constater que non : partout dans le monde, des hommes et des femmes de bonne volonté se laissent toucher par la détresse des pauvres, et s’engagent auprès d’eux avec coeur et compétence. D’innombrables projets voient le jour, qui répondent avec audace et efficacité aux besoins des plus vulnérables. À travers une immense diversité de structures et d’associations – de la Croix-Rouge au Secours Populaire, en passant par les Restos du Coeur – c’est une foule d’hommes et de femmes qui œuvrent avec courage et générosité au service de leurs frères. Quelles que soient leurs convictions et leurs motivations, ces personnes sont animées par un véritable amour de l’humanité et par l’idéal d’un monde plus fraternel. Comment ne pas s’émerveiller devant tant d’initiatives, tant d’engagements concrets, source d’espérance pour notre monde ? La foi n’est donc pas une condition nécessaire pour entrer dans une démarche de compassion et de service du développement. L’engagement au service des pauvres dépasse les frontières des religions : l’aspiration au bien, à la justice, au don de soi est présente en tout homme. Et pourtant, force est de constater que lorsqu’il est vécu dans une démarche de foi, ce service prend une dimension et une profondeur nouvelles pour celui qui l’accomplit. Son action n’est pas seulement soutenue par la foi : elle en est véritablement transformée. La foi devient donc la source de l’engagement et du don. Elle transforme le regard sur le monde et sur l’homme. Elle suscite l’espérance qui fortifie et soutient l’action.
La foi est la source de l’engagement
La foi chrétienne n’est pas d’abord l’adhésion à une doctrine, à un ensemble de valeurs ou d’idées. Elle est une relation personnelle de confiance et d’amour avec Dieu. La foi ouvre l’intelligence et le coeur à l’amour infini, gratuit, inconditionnel de Dieu : un amour pleinement manifesté en Jésus qui s’est fait homme, et qui est allé jusqu’à donner sa vie pour nous sur la Croix. En Jésus, Dieu nous a ainsi montré le chemin du don ultime de soi : « Aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même », disait sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, patronne des missions. Pour le croyant, aimer le Christ, c’est le suivre sur ce chemin d’humilité, de service et de don total. « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtront pour mes disciples », nous dit l’Évangile (Jn 13, 35). Par la foi, le coeur du croyant s’ouvre à la charité, qui est l’amour même de Dieu : la foi se traduit au quotidien par des actes concrets de charité, qui en sont comme le jaillissement naturel. Dans cette perspective, s’engager au service des autres n’est pas la réponse à une injonction qui viendrait de l’extérieur. C’est une nécessité, qui s’impose de l’intérieur. La foi ne saurait être dissociée des œuvres qui la rendent vivante et agissante : elle en est la source, elle les guide et les inspire. Le service sous toutes ses formes est le prolongement, l’expression et le fruit naturel de la foi : tout l’Évangile, tout l’enseignement de l’Église y invitent. C’est pourquoi la mission au service du développement, reçue et vécue dans la foi, va bien au-delà d’une simple générosité particulière ou d’un projet individuel. Elle découle d’une relation personnelle, d’un coeur à coeur avec Dieu. Elle est réponse à un appel, pour que se réalise à travers le croyant le projet même de Dieu, qui portera ses fruits à Lui.
La foi transforme le regard sur l’homme
Dans l’exercice de la mission, la foi transforme le regard sur l’homme et sur le monde. « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait », affirme saint Matthieu dans son Évangile (Mt 25, 40). Là où le monde voit dans le pauvre un frère en humanité digne d’être aidé et aimé, le croyant voit aussi en lui l’image de Dieu. Il reconnaît en lui Jésus réellement présent. Qu’est-ce que voir Dieu en l’homme ? Cela signifie pour le croyant regarder tout homme à la manière de Dieu. La foi nous fait constamment adopter le regard même de Dieu sur nos frères et sœurs en humanité, particulièrement sur les plus faibles et les plus petits. Elle transforme ainsi profondément notre regard, et met en lumière la dignité inégalable de la personne humaine. Ce regard nouveau sur les personnes et sur le monde ouvre à l’espérance. Là où l’humanité semble méconnaissable et défigurée, le croyant perçoit la présence de Dieu. Là où les situations semblent sans issue à vues humaines, l’espérance fait entrevoir les signes même les plus ténus de l’amour à l’œuvre, de la joie présente en dépit de tout, de la proximité d’un Dieu qui porte et partage la souffrance. Au-delà de la misère, le regard d’espérance, à l’imitation du regard divin, voit sans cesse l’humanité et la dignité de la personne, capable de donner et de recevoir l’amour. Cette espérance porte en elle la conviction que le combat est déjà gagné, et qu’en dépit des apparences le bien triomphe toujours du mal et de la mort. L’espérance, don de Dieu, oriente ainsi le regard du croyant vers un horizon infiniment large, bien au-delà de nos espoirs humains : l’horizon de la présence de Dieu, de son amour, but ultime de toute vie humaine. Nous le constatons d’année en année : les invitations répétées du pape François à aller vers les périphéries existentielles sont à l’origine du cheminement de bien des volontaires. Ceux-ci ont conscience que leur décision est une réponse à un appel qui les précède : l’appel de l’Église et, à travers elle, de Dieu lui-même. Ils puisent dans cette conviction une immense force : celle de ne pas agir en leur nom propre, mais en étant envoyés, portés et accompagnés en Église. Leur action dépasse l’initiative individuelle pour devenir humble réponse à un besoin exprimé par l’Église. Leur décision va au-delà de leur choix propre propre pour devenir mission reçue dans la confiance.
La foi source d’espérance fortifie et soutient l’action
Sur le terrain, face aux situations de pauvreté et de souffrance extrêmes côtoyées au quotidien, l’espérance est nourrie par la prière. Dans la prière, le croyant trouve un soutien unique et un appui indispensable, un lieu de repos où déposer son propre fardeau et celui des autres. Il y reçoit réconfort et consolation dans les moments de souffrance et de découragement. Il y puise force et espérance à la source même de l’Amour, seule réponse possible à la détresse humaine. « Chaque retrouvaille avec le Seigneur est l’occasion de lui offrir nos joies, nos difficultés, nos fatigues et nos espérances, racontent Louis-Benoît et Clotilde, en mission à Manille. L’abattement et le désespoir peuvent rapidement nous envahir lorsque nous devons faire face à la souffrance des enfants. Ces enfants des rues nous permettent d’entrer dans l’intimité du Christ. À la souffrance physique que nous pouvons voir, à la souffrance psychique qui nous est invisible, ils répondent par leurs sourires et leur joie. Ils nous enseignent eux-mêmes l’espérance. » Cette espérance est un puissant soutien dans la mission. Elle apporte confiance, force et persévérance. Elle permet de surmonter les échecs apparents, en les remettant à Dieu, dont l’amour est victorieux de toute souffrance et de tout mal. Tout – les initiatives, les réussites, les déceptions, les échecs – est dans la main de Dieu. C’est lui qui agit à travers le croyant, c’est lui qui fait porter à la mission ses véritables fruits. La prière est elle-même un véritable service, porteur d’une fécondité mystérieuse dans la vie de celui qui prie, comme dans celle des autres. En priant pour ses frères et soeurs souffrants, le croyant porte devant Dieu avec confiance leurs vies, leurs difficultés, leurs besoins et leurs espoirs. La prière participe ainsi pleinement de l’exercice d’une charité concrète et active. Dans la démarche du croyant, foi et développement sont donc aussi indissociables que les deux faces d’une même pièce. L’une et l’autre sont étroitement liées ; l’une et l’autre s’appellent et se fortifient mutuellement. La foi n’est pas juste un « plus », qui apporterait un surcroît de courage ou de générosité dans le service de l’autre. Au fondement de l’engagement, elle est un ferment qui inspire, oriente, fortifie et même transforme l’action en faveur du développement. Plus encore qu’une conviction, c’est pour nous une expérience concrète, qui se vit chaque jour sur le terrain dans la coopération entre volontaires, partenaires et équipes locales. Cette réalité s’exprime dans le choix même de notre nom, Fidesco, qui unit en un seul mot la foi (fides) et la coopération (co).