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Pierre, ou l’Espérance

Par Louise, volontaire au sein de l’association Saint Camille de Lellis,
à Avrankou – Bénin

C’est un jour d’octobre dernier que Grégoire (le fondateur du centre Saint Camille) est arrivé à Tokan avec, à l’arrière de sa voiture, un homme au regard vide, nu, squelettique et en totale incurie.
La vie au centre saint Camille : joie et amitié

"Comme des pierres vivantes..."

C’est un jour d’octobre dernier que Grégoire (le fondateur du centre Saint Camille) est arrivé à Tokan avec, à l’arrière de sa voiture, un homme au regard vide, nu, squelettique et en totale incurie : Pierre. Il venait de le ramasser sur un carrefour non loin de chez lui, à l’entrée de Cotonou. Le plus urgent pour nous fut de rendre son humanité à ce corps décharné, presque mort. J’avais rarement vu un homme aussi maigre. Mission donc de le laver, l’hydrater, le nourrir et le soigner. Malgré un enchaînement de soins en tout genre, aucune évolution positive. Bien au contraire : toutes ses carences ont révélé qu’il était porteur de tuberculose.

Hospitalisé dans le centre spécialisé de pneumologie de Cotonou, nous sommes allés le voir régulièrement pour faire le point avec les médecins, soutenir Eutiche (malade stabilisé de Tokan) son garde-malade, mais aussi pour payer les traitements ou examens demandés. Difficile pour notre centre de Saint Camille d’honorer de telles factures… Aussi, il s’agissait parfois pour nous de classer les bilans déjà qualifiés d’urgents en deux sous-parties : les « très urgents » et les « moins urgents ». Je me souviendrai toujours de cette fin de journée passée à traverser tout Cotonou afin de récupérer deux poches de sang dans l’hôpital référencé pour la transfusion. Je me revois avec ma petite glacière dans la main, désespérée devant les boutiques fermées pour acheter des blocs de glace, obligatoires pour pouvoir récupérer nos poches de sang.

 

En mission au centre saint Camille, au Bénin

Un sacré plan

Au fil des semaines, Pierre dépérissait à vue d’œil et mon regard sur sa prise en charge devenait de plus en plus critique : apparition d’escarres, pansements sales… De plus, l’équipe se plaignait de Pierre car il était dans le refus de tout. Des soins coûteux, un état de santé qui ne s’améliorait pas et un équilibre psychologique qui se détériorait de jour en jour, la décision fut prise au bout d’un mois : Pierre est revenu à Tokan. Malgré son état de santé toujours très, voire trop fragile, et sa 30aine de kilos, c’était un miracle qu’il soit encore vivant ! La décision de le sortir de l’hôpital était peut-être déraisonnée aux yeux de la médecine mais pour nous, c’était fondamental de pouvoir l’entourer d’une présence aimante et bienveillante s’il venait à mourir. À son retour au centre, il s’est mis à réclamer à manger et acceptait même de prendre ses médicaments ! Difficile de lui dire au revoir à Noël car je ne pensais pas forcément le revoir à mon retour en janvier. Décidément, Dieu doit avoir un sacré plan pour lui car il était là quand je suis revenue ! Certes, toujours aussi faible, mais là ! Il avait même reçu le baptême le 3 janvier !

C'est l'histoire d'un "fredonnage" de mélodie...

Communiquer avec lui n’est pas toujours évident pour moi car, d’origine ghanéenne, Pierre parle un anglais qu’il mélange aussi parfois au fongbé (dialecte le plus répandu du Bénin). Un peu frustrant de ne pas toujours réussir à bien se comprendre mais finalement, je crois bien que le principal pour lui c’est que sa commande « rice and chicken » soit bien entendue ! Je l’invite à prier à chacune de mes visites quotidiennes, ces moments sont pour moi de vrais instants de grâce ! Je garderai précieusement en mémoire la première prière avec lui pour laquelle je lui avais proposé de mettre sur mon portable un chant qu’il connaissait. Je ne sais comment décrire l’émotion que j’ai ressentie, d’une part, en l’entendant fredonner la mélodie, et, d’autre part, en voyant des larmes couler sur sa joue. Ce genre de moment peut paraître insignifiant mais il a été pour moi un vrai bouleversement de joie ! Finalement, peu importe que je ne connaisse rien de son histoire de vie, qu’on ne parvienne pas à se comprendre, l’Essentiel n’est pas là. Depuis maintenant 4 mois, il me sourit, est d’accord pour que je le porte jusqu’à ses toilettes pour le laver, me taquine et me remercie ! Autre dernière victoire d’il y a 3 jours : il a accepté qu’on le sorte de sa chambre en fauteuil roulant pour prendre l’air dehors et assister à la messe de 16h dans l’église du centre. Quelle joie sur son visage !

Témoin d'Espérance

Après une nouvelle hospitalisation de deux semaines en mars, Pierre est aujourd’hui globalement stable. Malgré le fait qu’il soit tout le temps alité, il est autonome pour manger, s’asseoir, se laver et… râler sur Eutiche quand la nourriture ne lui plaît pas ! Il ne tient toujours pas debout, reste vraiment très faible et sa situation demeure un vrai mystère. En effet, je ne vois aucune évolution à son état. Il ne grossit pas et sa toux persiste alors que le traitement antituberculeux est toujours en cours et que ses autres résultats de biologie sont stables. Mais voilà, en dépit de toutes les inconnues qui le concernent, Pierre est un vrai témoin d’Espérance. J’ai une chance inestimable de le veiller car il m’apprend à garder confiance même si l’avenir proche peut sembler flou et incertain. Il est là, seulement là, et il confirme bien les paroles de Paul Claudel : « Dieu n’est pas venu supprimer la souffrance, Il n’est pas venu l’expliquer mais Il est venu la remplir de Sa Présence ».

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