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Un selfie avec Jésus…

Par Amicie, coach auprès de jeunes femmes des bidonvilles, Manille, Philippines

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Manille, août 2017 : un terrible incendie vient de ravager tout un bidonville.

Au milieu des décombres, Amicie, jeune volontaire Fidesco, fait la rencontre d’un jeune homme, Mario. Il a tout perdu.

Et pourtant, dans un seul petit geste, il va tout donner…

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Plusieurs fois, en mission, je me suis fait la réflexion que j’assistais à certains passages de l’Evangile version 21ème siècle.

En août dernier, j’ai vécu l’Evangile de Saint Marc, et plus particulièrement le passage de la veuve du temple (Mc 12, 21-44).
Laissez-moi vous raconter.

Balade dans un champ de ruines

Le 16 août dernier, l’un des plus gros bidonvilles qui entourent le centre a subi un énorme incendie, qui a mis à la rue plus de 500 familles, soit environ 5000 personnes.

Deux jours après, avec d’autres volontaires, nous nous rendons sur les lieux. Nous nous enfonçons dans cet immense bidonville, et après une demi-heure de marche nous parvenons aux immeubles touchés par l’incendie. Quelle scène de désolation!

Des cinq buildings, il ne reste plus que deux façades. Mêmes les structures du toit se sont effondrées. Au milieu des décombres, des enfants recherchent des morceaux de ferraille pour les revendre.
Cela fait à peine trois jours que l’incendie a eu lieu mais déjà, malgré la pluie torrentielle qui s’abat sur Manille, certains commencent à rebâtir. Ils ré-aplanissent les piles de décombres, récupèrent certains morceaux de tôle pour aménager un toit à la petite dizaine de mètres carrés qui serviront de maison à leur grande famille.

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Mam, do you want food ?

L’un de ces travailleurs courageux s’est assis sur un reste de muret pour faire une petite pause. Il savoure un instant de répit avec, dans la main gauche, un sac plastique de fanta local et dans la main droite un gros gâteau.

Je passe devant lui pour rejoindre la route. Je l’entends me proposer : “Mam, do you want food?”. Je me retourne et je le vois qui me tend son biscuit déjà bien croqué. Prise au dépourvue, je n’ai pas vraiment le temps de philosopher sur la question mais je sens juste que je ne peux pas refuser. Je réponds donc : “Ah salamat (merci)”, et croque à pleines dents son biscuit. “Mmm masarap (délicieux), what’s your name?”
– Mario
– Thank you Mario”

Un cadeau qui n’a pas de prix

Ce n’est qu’en continuant mon chemin que je prends conscience de ce qui vient de se passer.

Mario n’avait absolument rien, il reconstruisait sa maison au milieu des décombres. Il avait juste dans ses mains un fanta et un gâteau. Malgré cela il me les a offerts alors qu’il ne me connaissait même pas, que je ne faisais que passer devant lui. Quel cadeau ! Comment est -ce qu’un homme qui n’a rien peut encore donner ? Et comment, après tout ce qu’il vient de subir, son coeur peut-il être aussi ouvert à la rencontre, au partage ?

C’est juste surhumain, c’est donc divin !

Je me rends compte que c’est un peu comme si je venais de rencontrer Jésus, dans le plus pauvre, le plus exclu. Je fais donc marche arrière pour immortaliser cette rencontre par une photo. C’est pas tous les jours qu’on peut prendre un selfie avec Jésus. Quoi que …

“Jésus, s’étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l’argent.
Plusieurs riches mettaient beaucoup. Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou.
Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité,
cette pauvre veuve a donné plus qu’aucun de ceux qui ont mis dans le tronc;
car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire,
tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre.”
Evangile selon Saint Marc chapitre 12, versets 41 à 44.

Ecris ta belle histoire avec nous !