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Jojo, le petit marchand de pain

par Damien, professeur d’informatique à Baucau, Timor Oriental
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La mission est remplie de rencontres.
Il en est une parmi toutes que je ne saurais oublier.

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Depuis notre arrivée au Timor, j’entends souvent le matin très tôt ou l’après-midi un garçon qui crie dans la rue « Paun ! Paun ! ».

En quelques semaines, je comprends qu’il s’agit d’un petit marchand, qui déambule dans la rue pour vendre tous les pains de la corbeille qu’il porte sur ses épaules.

Un jour, je lui fais signe d’approcher pour pouvoir lui acheter quelques pains. Il est ravi ! Il n’est pas pressé, alors nous discutons un bon moment. J’apprends qu’il s’appelle Jojo, et qu’il vend du pain dans le quartier – du pain qu’il fait lui-même chaque jour.

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Il m’explique comment il le prépare, me dit qu’il se lève à 5h30 du matin pour le faire cuire, puis il part avec sa corbeille dans les mains les distribuer jusqu’à 7h30, heure à laquelle il repart à la maison pour aller à l’école. En revenant de l’école en début d’après-midi, après ledéjeuner, c’est reparti pour une nouvelle tournée dans le quartier jusqu’à la nuit tombée.

C’est la vie de Jojo, qui se répète chaque jour. Rares sont les jours où je n’entends pas son fameux « Paun ! Paun ! ». De loin, je ne m’étais pas aperçu qu’il faisait si jeune, alors je lui demande son âge, et il me répond qu’il a 12 ans. Vous vous imaginez un enfant de 12 ans qui se lève chaque jour à 5h30 pour faire du pain et passer une bonne partie de sa journée à le vendre ? C’est difficilement imaginable en France…

Une bonne dose de courage, et un immense sourire

Au fil de nos rencontres, je me permets de lui demander ce qu’il fait de cet argent qu’il gagne chaque jour, pensant que ça lui fait un peu d’argent de poche. Il m’explique que ses parents sont sans emploi, comme de nombreux Timorais, et donc il vend ses pains chaque jour pour aider sa famille. Je me suis senti très petit à côté de Jojo, bien qu’il fasse deux têtes de moins que moi. Quel courage !

Ce petit bonhomme m’a donné une bonne leçon d’humilité et de courage.

Chaque jour il continue ses tournées dans la rue avec un immense sourire, comme si rien ne pouvait lui faire plus plaisir au monde que de vendre ses pains.

Jojo nous connaît bien maintenant, et il n’hésite pas à venir à la maison de temps en temps, pendant sa tournée, pour jouer aux cartes ou au ballon une petite demi-heure.

Ce sont ces témoignages, comme celui de Jojo,
qui me guident sur mon chemin de mission, mon chemin de sainteté.

Ecris ta belle histoire avec nous !