Image module

J’ai rencontré l’Espérance…

Par Aurélie, enseignante à Lima, Pérou

Image module

L’histoire se passe à Trujillo, au nord du Pérou, lors de notre semaine de vacances en mai.

Nous rentrons en bus d’une journée de vacances tranquille et agréable.

Une jeune femme est assise à côté de moi. Elle regarde à travers la vitre ; elle semble pensive…

Image module

Puis, quelques regards échangés avec ma fille Colombine, assise sur mes genoux… Quelques sourires et finalement une question : “Comment tu t’appelles ?”.
Spontanément, Colombine apporte une réponse élargie :  “Je m’appelle Colombine, je suis française.”

Saisissant l’invitation, la jeune femme lui répond : “Eh bien moi, je m’appelle Zoely. Je suis vénézuélienne”

Une vie bouleversée

Rapidement la discussion s’installe entre nous : elle est maman de deux petites filles de 5 et 9 ans. Elle est arrivée au Pérou il y a tout juste un mois, après 6 jours de bus ! Elle a rejoint son mari arrivé 2 mois auparavant. Lui travaille maintenant dans la sécurité, elle dans un restaurant.

Elle nous explique alors la vie impossible au Venezuela à cause du contexte politique et économique. Elle nous parle sans détour de la corruption qui gangrène le pays et de la faim qui frappe la population : actuellement un kilo de viande coûte un mois de salaire !

Elle nous partage sa tristesse d’avoir quitté ses parents qui, en raison de leur âge, ne peuvent effectuer le voyage. Nous entendons son souci quotidien de gagner de l’argent pour leur envoyer. Elle évoque avec mélancolie tout ce qu’elle a quitté : ses proches, son métier de pharmacienne, leur maison…

Image module

Une inconnue, et pourtant…

Initialement, ce que j’ai ressenti dans cet échange est sûrement quelque chose que vous avez déjà ressenti : sentir qu’on pourrait être amie avec une personne qu’on ne connaît pas encore.

Rapidement, la compassion m’a submergée… D’abord parce que comme elle, nous vivons l’éloignement de nos familles et de nos amis. Mais aussi parce qu’en écoutant son histoire, “j’avais des larmes à l’intérieur de moi”. Quelque chose me dépassait : l’injustice et la douleur morale de cette situation, l’absence de liberté dans leur départ, et l’inconnu face à l’avenir.

Elle s’est confiée, en toute simplicité.
Je remercie le Seigneur pour le don de ce moment partagé.
Ses yeux, à elle, se sont embués finalement…
“Tu pleures maman ?”. Mes larmes à moi n’étaient plus seulement à l’intérieur de moi… Je n’ai pas cherché à les retenir.

Je rends grâce à Dieu pour ce pur moment de compassion.

Il y eut un silence… mais pas un silence pesant, un silence apaisant.

Puis j’ai osé un : “Nous ne pouvons pas faire grand-chose pour vous… seulement prier pour vous et votre famille”. Et là, ses yeux se sont éclairés : “Oui, il le faut, le monde entier prie pour nous. Et c’est ce qui nous sauvera.”

J’avais rencontré l’Espérance chrétienne en personne.

Ecris ta belle histoire avec nous !