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L’aventure au désert…

Dépassement de soi, solidarité, rencontre... et si on faisait le bilan de l'édition 2024 du 4L Trophy ?
4L Trophy

Chaque année, en février, des centaines de 4L s’élancent dans la poussière des pistes pour une aventure solidaire à travers le désert marocain. Cette année, Quentin et Mathilde portaient les couleurs de Fidesco tout au long de ce raid mythique. Fraichement rentrés (et à peine reposés), ils reviennent sur cette aventure unique et nous partagent en bouquet les pépites qui ont marqué leurs journées sur les routes…

 

(Quentin) Une rencontre inattendue

2ème jour au Maroc : nous faisons la route entre le bivouac de Boulaajoul, perché à 1600 mètres d’altitude, au pied des montagnes du Haut Atlas Central, et Merzouga, plus au Sud, où nous bivouaqueront pendant 3 nuits. Cette route est également la première étape comptant au classement du 4L Trophy. Nous roulons avec 2 équipages amis, que nous avons rencontrés au bivouac d’Algésiras. L’ambiance sur la route est sympa : on s’attend, on discute par la fenêtre grâce aux ardoises que nous avons emportées (la communication via les ardoises est un grand classique du 4L Trophy, pour demander des pièces, s’échanger des infos sur la route, du style “ton feu arrière gauche est cassé”, “tu as laissé ton cligno” et autres “On se fait une pause dej ?”).

Mais la pépite de cette journée reste selon moi une rencontre faite lors d’une pause, aux alentours de 11h30. On décide de s’arrêter quelques minutes se dégourdir les jambes à un point de vue. La paysage est magnifique : les montagnes arides de l’Atlas que nous traversons depuis quelques heures tranchent avec un grand lac en contrebas. Lorsque nous nous arrêtons, un vendeur de souvenirs s’approche de nous. C’est l’une des premières occasions que nous avons de discuter avec un local. Il nous raconte de nombreuses anecdotes, notamment sur le 4L Trophy. Il habite dans la région depuis qu’il est né et a vu passer tous les 4L Trophies, depuis le 1er, où il n’y avait alors que 4 voitures (cette année, nous étions 1150 équipages !). Il nous explique que le 4L Trophy est un événement dans la région. À partir du début du mois de février, les locaux attendent avec impatience le passage du cortège de 4L, l’occasion pour les plus jeunes de se regrouper au bord des routes pour regarder passer les voitures. Après nous avoir raconté tout cela, ce marocain m’a vu en difficulté pour mettre de la bonne manière le foulard qu’une amie nous avait offert avant le départ. Il est directement venu à mon aide et m’a appris les différentes manières de mettre un foulard, afin de se protéger du soleil, mais également de couvrir sa bouche et son nez pour éviter de respirer trop de sable.

Ces quelques minutes de discussion, de découverte d’une autre culture, restent gravées dans ma mémoire. Si nous étions entre trophystes durant la majeure partie de l’aventure, cette rencontre m’a permis de découvrir le point de vue des locaux sur le passage du 4L Trophy, et d’entrevoir leur mode de vie : c’était une vraie belle rencontre !

(Mathilde) Un déjeuner hors du temps…

Un matin, avant de quitter le bivouac, nous retrouvons trois autres équipages que nous avions rencontrés quelques jours auparavant. Nous sommes chanceux, ils doivent réaliser le même itinéraire que nous. Alors, avant de partir, petit café sur le réchaud et en route pour cette première journée désertique !

Nous y sommes, enfin ! En plein milieu du désert, avec uniquement une boussole, un roadbook et notre sens d’orientation pour se repérer afin de ne pas se perdre dans ses grandes étendues de pistes et de dunes. Notre stratégie est simple : faire le moins de kilomètres possible, rouler à notre rythme et toujours attendre les copains à chaque point de contrôle de sécurité obligatoire, pour faire la route tout de même ensemble.

Le 4L Trophy rime avec « entraide ». C’est pour cette raison, que nous nous arrêtons quand nous voyons un des équipages en difficulté moteur. Premier réflexe : sortir de la voiture, aller leur demander ce qui se passe, s’approcher de leur bolide comme si nous avions assez de compétences méca pour résoudre le problème.

Le constat est fait : sans grande surprise, nous ne pouvons rien faire, mis à part, attendre l’assistance mécanique. Par contre, une chose est dans nos cordes : mettre l’ambiance et voir le côté positif. Nous regardons l’heure, il est midi : parfait, c’est l’heure de l’apéro ! Nous mettons alors les quatre voitures en carré, sortons une grande bâche que nous accrochons aux 4L pour faire de l’ombre, et la pause est lancée !

Nous voici en train de déjeuner en plein milieu du désert, avec un paysage digne de carte postale, à rire, en oubliant le problème mécanique. Nous sommes bel et bien dans une bulle, hors du temps.

 

 

(Quentin) Solidarité et entraide, maîtres mots du Trophyste !

Après notre 2ème nuit à Merzouga, nous nous sommes aventurés sur la boucle dans le désert réputée pour être la plus rude. Certains de nos amis, qui étaient sur cette boucle la veille, nous avaient prévenus : “Vous aller passer plus de temps à pousser des voitures qu’à conduire !” Et ils avaient bien raison ! Les pistes choisies traversaient à de nombreux moments des “Oued”. Ces “rivières” ne transportent le plus souvent de l’eau qu’après des pluies intenses. Le reste du temps, ce sont juste des sortes de bacs à sable mou. Pas l’idéal donc, à traverser en voiture. Mais, lorsque l’itinéraire le demande, nous n’avions pas bien le choix !
À plusieurs reprises, donc, nous avons dû traverser ces grands bacs à sable. Bien que nous ne nous soyons (quasiment) jamais ensablés, j’ai été frappé par l’entraide et le soutien entre trophystes lors des passages. On n’est jamais seuls. Dès qu’une voiture est ensablée, tous les trophystes autour sortent de leur bolide pour venir aider, pousser jusqu’à ce que la voiture ensablée s’en sorte. De parfaits inconnus qui s’aident, se soutiennent, donnent de leur temps, sans rien attendre en retour. Un simple don gratuit, d’entraide et de solidarité. Cet esprit ne s’est pas seulement ressenti lors de ces passages difficiles, mais tout au long du Trophy : jamais une voiture ne reste sur le bord de la route ou de la piste avec un problème mécanique sans qu’un autre équipage ne s’arrête pour filer un coup de main, proposer une pièce de rechange, ou juste rendre l’attente plus agréable avec un saucisson et quelques bières.
C’est cet esprit de soutien, de bienveillance, qui m’a vraiment frappé. Et nous nous en sommes rendus compte dès le village départ. Alors que nous étions installés sur le parking, à Biarritz, nous cherchions à fixer sur (ou plutôt sous) notre bolide une plaque de protection, destinée à protéger le moteur en cas de besoin. C’était la première fois que nous la mettions, et je dois avouer que nous étions un peu en galère. Mais, au bout de 5 min, un autre équipage est arrivé : lui avec ses connaissances mécaniques et sa caisse à outils, elle avec quelques tranches de saucissons. Leur aide nous a été précieuse et nous a permis de fixer notre plaque de protection en un temps record !

(Mathilde) Une pause s’impose

Après avoir quitté Algésiras à minuit et demi, pour ne pas rater le ferry et avec trois heures de sommeil pour Quentin et une insomnie pour moi, nous arrivons enfin à Tanger au petit matin. En attendant les autres équipages, nous regardons le roadbook, et nous apprenons que nous avons entre huit heures et dix heures de route, sans compter les pauses. Une grosse journée nous attend !

La chance que nous avons : c’est cette amitié entre trois équipages, qui a pour fondation, le rire, la bienveillance et l’entraide ! C’est donc une évidence, nous allons rouler sous forme de convoi !

Après plusieurs heures de route, en traversant les paysages magnifiques de l’Atlas, nous nous arrêtons pour un ravitaillement d’essence. La fatigue est bien présente chez chacun, mais ce n’est pas ce qui prime. Nous mettons alors de la musique, tous sortons de nos voitures et nous commençons à danser, à chanter. C’est un moment qui n’a rien d’exceptionnel, mais après plusieurs heures intenses de route, il est magique !

De retour, ils gardent un souvenir émerveillé de cette aventure. Pour Mathilde, en quelques mots, elle rime avec dépassement de soi, joie et même féérie. Quentin y voit des richesses de dépaysement, de solidarité et de rencontre !

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