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CAMEROUN
RENTREE SCOLAIRE MOUVEMENTEE
Alexis est en mission auCameroun depuis la rentrée 2010. Il s’est vu confier la direction du collège socioprofessionnel Saint François. Ces premiers mois ont été rythmés par les découvertes et les rencontres, mais aussi par les premières actions concrètes au collège.
Ma première action a été de mettre en place la structure nécessaire au déroulement des cours. Entre les impératifs des professeurs, les obligations du ministère et la disponibilité des salles de classe il n’a pas été évident de mettre en place un emploi du temps. Emploi du temps qui finalement a subi de nombreuses modifications durant 3 mois. De plus il a fallu remettre en état le collège car les salles avaient été inoccupées depuis juin dernier, et je me suis retrouvé face à un véritable désordre : des bancs dans tous les sens, des papiers et des dossiers étalés sur le sol, des carcasses d’ordinateurs, des archives de 1992 mais impossible de retrouver celle de l’année dernière !
Il a fallu jongler entre découvrir les élèves d’une part et les professeurs de l’autre.
Ces premières semaines étaient décisives car elles allaient donner le ton pour toute l’année.
Ces premiers pas d’une longue course qui s’achèvera l’été prochain ont donc été très intenses.
HAÏTI
TEMOINS D’ESPERANCE
Donatienne raconte ses premières impressions en arrivant à Haïti. La jeune femme est envoyée en mission en tant que psychologue à l’hôpital. Déjà, elle prend la mesure du sinistre du 12 janvier dernier.
Durant le trajet de l’aéroport à la maison des sœurs, située au centre de Port-au-Prince, nous avons pu apercevoir des milliers de tentes aux abords des routes et collées les unes aux autres, abritant les sinistrés du 12 janvier dernier. Actuellement, des centaines de milliers de réfugiés « survivent » dans ces camps en attendant de pouvoir reconstruire leurs maisons ou de réhabiliter leurs habitats fissurés. Ces camps ont été installés là où il y avait de l’espace libre. Les 3 villes sont tapissées de ces tentes qui semblent, à présent, faire partie du paysage. Combien de temps vont-elles rester ?
Malgré cette description apocalyptique démontrant l’instabilité du pays, les Haïtiens sont accueillants. Ils ont une foi, une force, une espérance qui les maintiennent debout et leurs permettent de survivre (pour la plupart). Leur générosité s’observe tout de suite dans leurs expressions et leurs visages ne mentent pas. Dans un pays où autant de difficultés et de misère s’observent au quotidien, l’accueil chaleureux réservé à l’étranger est une belle leçon d’humanité. Ils ont la particularité et la « chance » de pouvoir profiter pleinement de chaque jour, chaque minute et chaque seconde. Un jour passé est un jour offert en cadeau par Dieu.
HAÏTI
SOIGNER LES CŒURS APRES LE SEISME
Marine raconte ses premiers pas en Haïti. Sa mission en tant que psychologue auprès d’élèves du primaire et du collège est dense, suite aux blessures psychologiques laissées par le séisme du 12 janvier dernier.
Volontaire, psychologue de formation, j’ai pour mission ici d’apporter un soutien aux élèves suite au séisme. Par ailleurs un autre aspect de la mission est la formation des professeurs à la relation éducative avec leurs élèves.
Le séisme n’a épargné personne et est bien entendu un thème qui revient souvent dans les entretiens. Chacune a perdu soit un membre de sa famille, soit un ou une amie, une maison ou a eu quelqu’un de touché dans son entourage. D’autres se sont elles-mêmes retrouvées sous des décombres.
Durant chaque matinée les entretiens s’enchaînent, ce n’est pas la demande qui manque. Je dois également trouver du temps pour rencontrer, échanger et prévoir des réunions avec les professeurs.
INDE
EDUQUER POUR LE FUTUR
Quand on lutte pour sa survie, le souci de l’environnement et le respect des mesures d’hygiène ne sont pas prioritaires. Le traitement des déchets reste à développer dans de nombreux pays, mais il y a aussi tout un travail d’éducation et de responsabilisation à faire. En quelques lignes, Cécile esquisse cet aspect de sa mission à Chennaï.
Depuis mon arrivée, il y a six mois au Don Bosco Béatitude Center, je cumule les fonctions d’éducateur et de professeur auprès des enfants du Centre. Je voudrais les responsabiliser et les sensibiliser à l’hygiène et à la propreté… J’ai notamment constaté que les enfants de l’internat se désintéressent de l’état de leurs affaires personnelles. D’une façon générale, ici, les gens jettent sans complexe n’importe où. Pourtant, ils sont très sensibles à la beauté (on le remarque dans leurs tenues). De fait, comme ils manquent de tout, pour être heureux, ils n’accordent guère d’importance aux biens matériels. Et en raison même de ce détachement, ils ne s’en sentent pas responsables. Que faire ? Cela commence avec des petites choses. Le matin, à 7h10, les garçons de l’internat m’accueillent avec le sourire et, un seau chacun, nous partons à la recherche des nombreux papiers “égarés” en espérant que les poubelles ne sont pas déjà archibondées. C’est un exemple. Il reste tant à faire.
ZAMBIE
DANS LA PATIENCE, BÂTIR L’AVENIR
Damien, Juliette et leurs trois enfants sont arrivés à Monze en avril 2010. Tandis que sa femme assure le suivi de projets, lui est building coordinator (responsable des travaux) pour le diocèse.
Le diocèse de Monze est un “jeune” diocèse comparé à ce que l’on peut connaître en Europe : les projets de construction et les bâtiments à entretenir sont nombreux. Mon travail comprend la gestion de ces projets depuis leur genèse jusqu’à leur réalisation et le management de l’équipe de construction : trois manoeuvres, un peintre, un maçon, un électricien, un menuisier et un contremaître.
J’ai été frappé par certaines de leurs connaissances techniques. Je leur apporte, aussi mes propres compétences, comme celles concernant les fondations grâce à un niveau laser. J’ai conscience que l’enjeu de ces deux ans de mission n’est pas que technique mais aussi humain, auprès des membres de l’équipe mais aussi auprès de tous les acteurs diocésains qui ont besoin des infrastructures.
En ce moment, nous fabriquons nous-mêmes nos parpaings. Leur achat sur palette livrée par semi-remorque n’existe pas ici. Comme nous avons beaucoup de blocks à faire, un entrepreneur local nous a loué sa machine. L’électricien, le menuisier et deux manœuvres ont été affectés à la tâche. Je cherche à les impliquer par des objectifs quotidiens. J’ai la chance de réaliser à quel point ma présence ici est utile car ils m’ont remercié d’être là.
BRESIL
LA FORMATION POUR CONTRER LA PAUVRETE
Aymeric et Flore sont gestionnaires d’un centre de formation professionnelle pour les femmes.
Laissant derrière eux la vie parisienne, le monde de la publicité et celui de l’aéronautique, le jeune couple habite et travaille dans la favela des Alagados, en périphérie de Salvador de Bahia.
La favela se situe au bord de la Baie de tous les Saints. Peu à peu, les maisons en parpaings et les rues bitumées se sont faites plus nombreuses, l’eau et l’électricité sont arrivées dans les foyers. Malgré son développement, le quartier conserve les caractéristiques d’une favela : violence, pauvreté, drogue et alcoolisme. Pour un adolescent des Alagados impliqué dans le trafic de drogue, l’espérance de vie est de six mois... Pour repousser cette pauvreté humaine et matérielle, l’association João de Deus a mis en place des moyens éducatifs dont le centre de formation professionnelle pour les femmes, que nous gérons. En effet, les femmes n’ont aucune qualification et se retrouvent souvent seules pour élever leurs enfants. Le centre leur offre une formation. En quatre mois de cours, les femmes acquièrent un savoir-faire technique de qualité et peuvent ensuite trouver un emploi ou travailler à leur compte. Concernant le cours de couture, nous allons acheter huit machines industrielles grâce à un financement reçu du groupe Safran. Nous avons également rencontré un représentant de la Fédération des Industries de l’État de Bahia : nous travaillons à établir un partenariat pour qu’un professeur agréé vienne former nos femmes à l’utilisation des machines industrielles. Elles pourraient ainsi être titulaires d’un diplôme d’État reconnu par les professionnels. C’est d’autant plus important que beaucoup d’entreprises textiles implantées dans le quartier recherchent cette main d’oeuvre qualifiée. Nous sommes impatients d’avoir la réponse…
CHILI
EN FAMILLE AUPRES DES MIGRANTS
Vincent et Claire travaillent tous deux auprès des migrants à Santiago du Chili. Vincent est en charge du financement de projets à l’Institut Catholique Chilien des Migrants, tandis que Claire est psychologue au Centre d’Intégration et d’Attention aux migrantes. Vincent et Claire sont partis avec leurs trois enfants, Clément, Cyprien et Grégoire.
« Nous avons quitté notre petite vie confortable d’expatriés à Bruxelles, porté par notre foi et ce désir un peu fou qui habitait notre cœur, de vivre en famille une expérience forte au service des autres. Nous commençons tout doucement à nous habituer à notre nouveau cadre de vie.
Etre migrant représente une grande aventure, souvent douloureuse, longue et difficile. Et comme dans la plupart des pays, la migration est un processus délicat qui plonge brutalement certaines personnes dans la détresse et la pauvreté. Une autre caractéristique de cette migration est le fait qu’elle soit majoritairement féminine et très jeune. Ces migrantes se trouvent dans une situation de très forte vulnérabilité en raison notamment des nombreux réseaux de trafic humain.
Aujourd’hui (Claire), ma mission est d’accueillir et d’inscrire les personnes migrantes lorsqu’elles viennent au Centre. Ma mission dans les mois à venir sera de plus en plus tournée vers le soutien psychologique auprès de ces femmes : écouter leurs détresses et les accompagner, elles qui sont loin de leur pays, de leur famille, de leurs enfants…
C’est pour moi (Vincent), en début de ma mission, beaucoup de découvertes, j´apprends à travailler d’une manière différente de celle dont j’avais l’habitude. Tout d´abord, par rapport au monde de la multinationale que j´ai quitté il y a quelques semaines, certains aspects organisationnels peuvent parfois être déroutants, mais les relations et les rapports sont beaucoup plus simples, directs et donc plus efficaces et agréables. Enfin une différence majeure propre au monde associatif ou aux fondations à but non lucratif, est que l´argent même s´il représente un objectif de mon travail est vraiment vécu comme un moyen et non comme une finalité. Bref, je regarde encore ce nouveau monde pour moi avec des yeux pleins d’étonnement ! »
Consultez le trombinoscope Fidesco
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